L’intelligence émotionnelle
Références:
Goleman, Daniel
L’intelligence émotionnelle : accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle
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1997
Résumé
Daniel Goleman, psychologue américain, docteur de l’université Harvard et spécialiste des sciences du comportement, part du postulat selon lequel nos émotions joueraient un rôle central dans nos prises de décisions : « La plupart de nos actions sont gouvernées par nos émotions » (1997 : 428). Mais plus encore, les émotions pourraient éclipser la raison elle-même : « Notre intelligence est inutile quand nous sommes sous l’emprise de nos émotions » (1997 : 18). Corollairement, la raison seule ne fonderait que très rarement nos décisions :
« Le degré de contrôle rationnel ou émotionnel de l’esprit varie de manière graduelle : plus un sentiment est intense, plus l’esprit émotionnel domine et plus le rationnel perd de son efficacité. » (1997 : 25)
En d’autres termes, sans maîtrise de nos émotions, on serait non seulement gouverné par nos pulsions, mais toute rationalité serait évincée. On devine alors l’importance de l’intelligence émotionnelle, que l’on pourrait dans un premier temps définir grossièrement comme la plus ou moins grande maîtrise de ses propres émotions.
Et bien qu’il ne faille pas refouler ses émotions (1997 : 119), il s’agirait en revanche de les apprivoiser, pour qu’elles s’expriment avec la bonne intensité et au bon moment. Il s’agirait de canaliser ses émotions plutôt que d’en être débordé et d’en devenir le jouet. L’auteur évoque à ce propos le défi d’Aristote, à savoir la capacité rare « de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus » (Aristote, cité 1997 : 12-13).
L’amygdale, plus rapide que le néocortex
Mais pourquoi nos émotions joueraient-elles un tel rôle dans nos prises de décisions et pourquoi la raison en serait-elle si souvent écartée ? La raison en serait l’amygdale (cerveau primitif), plus rapide que le néocortex (cerveau pensant)…
Le fonctionnement du cerveau aurait en effet cela de particulier que l’amygdale (centre des émotions) « parvient à déterminer nos actions avant même que le cerveau pensant, le néocortex, ait pu prendre une décision » (1997 : 35) ; « L’esprit émotionnel est beaucoup plus rapide que l’esprit rationnel » (1997 : 428). En d’autres termes, recevant les informations avant le néocortex (siège de la rationalité), l’amygdale « réagirait » de manière impulsive et émotionnelle, avant que le néocortex n’ait pu les rationaliser (les relativiser au regard de l’environnement) et « agir » en conséquence :
« L’un des inconvénients de ces alarmes neuronales est que le signal envoyé par l’amygdale est parfois, et même souvent, dépassé, surtout dans l’univers social changeant qui est le nôtre. » (1997 : 43)
Il n’y aurait donc rien d’étonnant à manquer de jugement lorsqu’on serait en proie aux émotions, marginalisant la raison. Daniel Goleman ajoute cependant qu’« il est des domaines où la raison est aveugle sans les sentiments » (1997 : 87) :
« […] Pour rendre plus saines nos décisions personnelles, il faut être en accord avec nos propres sentiments. » (1997 : 87)
Certaines émotions pourraient donc être consciemment utiles à la prise de décision, alors que d’autres couveraient en-dessous du seuil de la conscience et influenceraient négativement la manière dont nous réagirions ou déciderions. L’intelligence émotionnelle, cela ne consisterait donc pas seulement à canaliser ses émotions, mais parfois aussi à savoir les écouter.
Si les émotions sont donc parfois utiles aux décisions rationnelles, une strate de réflexion serait en revanche toujours nécessaire pour les mettre en perspective : « Alors que l’esprit rationnel établit des liens logiques entre les causes et les effets, l’esprit émotionnel manque de discernement et associe les choses simplement parce qu’elles ont certaines ressemblances frappantes » (1997 : 434) :
« Les actions déclenchées par l’esprit émotionnel s’accompagnent d’un sentiment de certitude particulièrement fort, sous-produit d’une perception simplifiée, économique, qui est parfois absolument déconcertante pour l’esprit rationnel. » (1997 : 429)
« Les convictions de l’esprit rationnel sont mal assurées ; des faits nouveaux peuvent les contredire et les remplacer par d’autres, son raisonnement se fonde sur des faits objectifs. En revanche, l’esprit émotionnel tient ses convictions pour des vérités absolues et ignore tout ce qui pourrait démontrer le contraire. C’est pourquoi il est si difficile de faire entendre raison à une personne émotionnellement perturbée. Peu importe le bien-fondé des arguments, ils n’ont aucun poids s’ils sont en désaccord avec la conviction du moment. » (1997 : 434-435)
L’amygdale, avec toutes les vertus qu’elle pourrait avoir, aurait donc le triple défaut d’être parfois trop rapide (utile à l’homme de Cro-Magnon face à un prédateur, mais peu adapté à nos environnements surprotégés), très approximative (associant des événements ressemblants) et sans nuances (pétrie de certitudes). Sous le joug d’une émotion, il faudrait donc s’imposer un temps de réflexion et une prise de recul :
« L’amygdale déclenche des réactions impulsives et angoissées, mais une autre partie du cerveau se charge de rectifier le tir. […] Le cortex préfrontal intervient lorsque l’individu a peur ou est en colère. Son rôle est d’inhiber ou de maîtriser ces sentiments pour que la personne puisse faire face efficacement à la situation, ou modifier totalement sa réaction si les circonstances l’exigent […]. Cette région du néocortex fournit une réponse plus analytique, plus appropriée à nos impulsions affectives, qui module celle de l’amygdale et des autres aires limbiques. » (1997 : 47-48)
Il n’y aurait finalement pas d’antagonismes entre raison et émotions, complémentaires et nécessaires l’une à l’autre. Pourtant, en sus du caractère plus « déterminé » de l’esprit émotionnel, l’anatomie du cerveau expliquerait pourquoi le fonctionnement « normal » du cerveau aurait pour effet de privilégier l’amygdale au néocortex, et donc les émotions à la raison :
« Parce qu’il est issu des aires émotionnelles, le néocortex se trouve relié à elles par des myriades de circuits. Cela confère aux centres de l’émotion un immense pouvoir sur le fonctionnement du reste du cerveau, y compris sur les centres de la pensée. » (1997 : 31)
Une définition élargie de l’intelligence émotionnelle
Outre l’impact sur les processus décisionnels (et les réactions), l’intelligence émotionnelle influencerait également le degré de motivation : « La conscience de ses émotions constitue […] le fondement de la seconde forme fondamentale d’intelligence émotionnelle : la capacité de se débarrasser de sa mauvaise humeur » (1997 : 89).
Définie plus largement encore, l’intelligence émotionnelle serait « le fait d’être capable, par exemple, de maîtriser nos pulsions affectives, de percer à jour les sentiments les plus intimes d’autrui, de nouer des relations harmonieuses avec les autres » (1997 : 12). L’intelligence émotionnelle recouvrirait ainsi une large palette d’aptitudes, y compris la persévérance et la capacité à se motiver :
« [L’intelligence émotionnelle regrouperait] l’empathie, l’aptitude à se motiver ou à persévérer dans l’adversité, à maîtriser ses pulsions et à attendre avec patience la satisfaction de ses désirs, la capacité de conserver une humeur égale et de ne pas se laisser dominer par le chagrin au point de ne plus pouvoir penser, la capacité d’espérer. » (1997 : 58-59)
Ainsi, maîtrise de soi (versus être le jouet de ses pulsions), prise de décision équilibrée (juste équilibre entre rationalité et émotions), gestion de ses pensées et émotions négatives (recadrage cognitif), empathie et prise en compte des émotions d’autrui, seraient autant d’attributs d’une bonne intelligence émotionnelle, fondée sur l’introspection et la prise de conscience de ses émotions. L’auteur offre d’ailleurs une panoplie de recettes pour contenir colère, anxiété ou encore tristesse.
QI versus intelligence émotionnelle
Faisant référence aux intelligences multiples (2008) d’Howard Gardner, Daniel Goleman rappelle qu’il existerait au moins sept différentes formes d’intelligence (langagière, logico-mathématique, spatiale, kinesthésique, musicale, interpersonnelle, intrapersonnelle), quand bien même nos sociétés privilégieraient largement l’agilité verbale et l’intelligence logico-mathématique.
Revenant sur le concept de QI (quotient intellectuel), l’auteur observe que « parmi les facteurs dont dépend la réussite dans la vie, le QI représente au mieux 20 % » (1997 : 58). En revanche, la réussite dans la vie serait supérieurement corrélée à l’intelligence émotionnelle, à « la capacité de supporter les déboires, de maîtriser [ses] émotions et de s’entendre avec autrui » (1997 : 60) :
« […] L’intelligence théorique ne prépare pas l’individu à affronter les épreuves de l’existence et à saisir les opportunités qui se présentent. […] Tout porte à croire que les personnes qui s’y connaissent en matière de sentiments, qui sont capables de comprendre et de maîtriser les leurs, de déchiffrer ceux des autres et de composer efficacement avec eux, sont avantagées dans tous les domaines de la vie, en amour comme au travail. » (1997 : 60-61)
L’intelligence émotionnelle recouvrirait donc des aptitudes – ici paraphrasées (1997 : 71-72) – qu’un QI très élevé ne permettrait pas de détenir :
1. La reconnaissance des émotions. La capacité à pouvoir identifier ses propres émotions serait la clé de voûte de l’intelligence émotionnelle :
« Dans la mesure où nos émotions bloquent ou amplifient notre capacité de penser et de planifier, d’apprendre en vue d’atteindre un but lointain, de résoudre des problèmes, etc., elles définissent les limites de notre aptitude à utiliser nos capacités mentales innées et décident donc de notre avenir. » (1997 : 126)
2. La maîtrise de ses émotions. Les aptitudes à résister aux pulsions (impulsivité), à adapter ses sentiments à chaque situation – défi d’Aristote –, à supporter la frustration, seraient fondamentales : elles permettraient de canaliser ses émotions dans un but précis bien que plus lointain ; elles permettraient de retarder la satisfaction de ses désirs, pour obtenir des gains ultérieurs mais supérieurs – expérience des enfants face à un choix de bonbons, 1997 : 127-130 – ; elles permettraient de gérer ses émotions, facilitant plutôt qu’entravant ses pensées et renforçant sa concentration (flow) ; elles permettraient finalement de faire de meilleurs choix.
3. L’automotivation. Une bonne intelligence émotionnelle irait de pair avec une attitude positive réaliste (s’opposant à la fois aux attitudes pessimistes ou présentant un optimisme naïf), favorisant la persévérance plutôt que le découragement face aux déconvenues. Cette aptitude psychologique (positivisme, optimisme, 1997 : 135-141) serait « la faculté maîtresse ; elle ouvre la voie à toutes les autres formes d’intelligence » (1997 : 134). Elle serait une forme d’aptitude de résilience :
« [Les personnes confiantes dans l’avenir] savent se motiver et se persuader, lorsqu’elles sont dans une mauvaise passe, que les choses s’arrangeront, et elles ont la conviction d’avoir les moyens d’atteindre leurs objectifs, la souplesse suffisante pour découvrir d’autres voies permettant d’y parvenir ou de les changer s’il s’avère impossible de les atteindre, et elles ont l’intelligence de savoir diviser une tâche en d’autres plus modestes et plus aisément réalisables.
Du point de vue de l’intelligence émotionnelle, espérer c’est refuser de céder à l’anxiété, de baisser les bras ou de déprimer quand on est confronté à des difficultés ou à des déconvenues. » (1997 : 136-137)
4. La perception des émotions d’autrui. L’empathie constituerait un élément fondamental de l’intelligence interpersonnelle. Mais elle ne pourrait être opérante que si nous sommes émotionnellement calmes. Avoir conscience de ces émotions et les tranquilliser serait donc un prérequis pour faire preuve d’empathie : « L’empathie repose sur la conscience de soi ; plus nous sommes sensibles à nos propres émotions, mieux nous réussissons à déchiffrer celles des autres » (1997 : 150). Et les émotions d’autrui passent rarement par le canal de la parole, ce qui suppose de savoir déchiffrer les autres canaux de communication (expressions du visage, ton de la voix, gestuelle…).
5. La maîtrise des relations humaines. Pour l’auteur, « savoir entretenir de bonnes relations avec les autres, c’est en grande partie savoir gérer leurs émotions » (1997 : 72). Or, cette aptitude est liée aux précédentes : « Pour gérer les émotions d’un autre, deux autres attitudes psychologiques sont nécessaires : la maîtrise de soi et l’empathie » (1997 : 174). À la suite de travaux sur les intelligences multiples, Daniel Goleman voit au demeurant quatre aptitudes de l’intelligence interpersonnelle (1997 : 225-247) : l’aptitude à organiser des groupes (dont des aptitudes de médiation et de gestion de la diversité), la capacité à négocier des solutions, la capacité à établir des relations personnelles et la capacité d’analyse sociale (percevoir les sentiments, les motivations et les préoccupations des autres).
Or, si les aptitudes liées au QI sont largement innées et ne peuvent être que faiblement développées, les aptitudes liées à l’intelligence émotionnelle, en revanche, pourraient être largement renforcées tout au long de la vie, avec de surcroît un impact conséquent sur la « réussite » tant sociale que personnelle.
Une grande partie des dernières sections de l’ouvrage est d’ailleurs consacrée au développement de l’intelligence émotionnelle chez l’enfant, à ce qui peut l’entraver et aux conséquences d’une carence en intelligence émotionnelle (« le prix de l’ignorance »).
À titre d’exemple, l’auteur évoque la situation d’enfants qui auraient « été tantôt négligés, tantôt punis arbitrairement par leurs parents » (1997 : 348-349). Ces enfants présenteraient tous des traits de caractère similaires, devenant des petites brutes : « […] Ils voient des affronts là où il n’y en a pas et de l’hostilité partout. Cela les amène à interpréter à tort comme des agressions des actes anodins […] et à réagir par l’attaque. […] Ce jugement témoigne d’un grave défaut de perception chez les individus agressifs ; leur attitude se fonde sur le postulat que les autres sont hostiles ou menaçants, et ils négligent la réalité des faits » (1997 : 349). En d’autres termes, une carence en intelligence émotionnelle altèrerait la perception de la réalité et conditionnerait ainsi les relations humaines.
Comment développer son intelligence émotionnelle ?
Développer son intelligence émotionnelle serait donc particulièrement vertueuse ; à l’inverse, un défaut de régulation émotionnelle serait délétère. Pour développer sa capacité à pouvoir identifier et maîtriser ses propres émotions – clé de voûte de l’intelligence émotionnelle –, l’auteur invite en tout premier lieu à effectuer un travail d’observation et d’introspection sur soi-même : « Cette conscience des émotions est l’aptitude émotionnelle fondamentale sur laquelle s’appuient toutes les autres, notamment la maîtrise de soi » (1997 : 78).
La conscience réflexive de ses propres émotions pourrait passer par des outils comme la méditation en pleine conscience. Il ne s’agirait pas de refouler ses émotions, mais de les observer avec distance. L’écriture pourrait aussi être un outil de mise à distance critique de ses propres pensées : en les couchant sur le papier, il devient plus facile de les contester et de les réévaluer. Cela permettrait au passage de sortir du cercle vicieux de pensées négatives ressassées à l’envie.
Subséquemment, une approche consisterait à contester les pensées qui alimentent l’émotion. Par exemple, il serait possible de désamorcer sa colère en contestant les pensées qui l’ont engendrée ; la contester permet de l’apaiser. Il en va de même de l’anxiété et des ruminations. La mise en perspective systématique de ses pensées limitantes serait donc un outil de développement durable de son intelligence émotionnelle. Ainsi, à partir du moment où on est attentif à ses pensées et ses schémas mentaux, il est possible de privilégier des pensées positives, mettant en sourdine ses pensées négatives ressassées (conte des deux loups) : « Au lieu de trouver des solutions, les anxieux se bornent généralement à ruminer le danger […] » (1997 : 107). Ce processus de réinitialisation partielle de ses pensées peut être facilité par des activités comme la marche, l’exercice physique ou la relaxation, pour autant que ces activités soient mises à profit pour écarter les pensées négatives et cultiver des pensées positives.
Outre la stratégie qui consiste à contester les pensées ruminées et à les remplacer par des pensées plus positives, une autre stratégie « vise à établir un programme de distractions » (1997 : 114). Il serait en effet évident que pour lutter contre la tristesse, un film de comédie sera plus opérant qu’un drame… De plus, regarder un sketch (humour) aurait pour effet d’ouvrir les possibles et de faciliter la création des solutions plus innovantes. S’offrir des petites gratifications ferait enfin partie de l’arsenal des distractions quand les choses vont mal : s’offrir un bon repas ou un objet depuis longtemps convoité serait – sur le moment – bienfaisant. De même, venir en aide à autrui ferait du bien : le simple fait d’aider une personne âgée à traverser la route serait bénéfique.
Plus durablement, développer sa confiance en soi permettrait de renforcer son intelligence émotionnelle : « En acquérant des compétences dans un domaine quelconque, on renforce son sentiment d’efficacité personnelle : on accepte alors plus volontiers de prendre des risques et de relever des défis plus difficiles » (1997 : 140-141). De même, s’entraîner à gérer la frustration et à retarder la satisfaction serait durablement bénéfique.
Conclusion : les impacts d’une intelligence émotionnelle développée
Une bonne intelligence émotionnelle pourrait avoir, selon l’auteur, un impact sur des domaines très variés de la vie (individuel, relationnel, social, professionnel, sanitaire…), parmi lesquels :
– Dans les relations amoureuses. On pourrait certes expliquer l’augmentation des divorces par des considérations historiques (dont l’indépendance économique graduellement obtenue par les femmes) ou par des différences « innées » entre hommes et femmes (Les hommes viennent de mars, les femmes de vénus, de John Gray), mais selon Daniel Goleman, il s’agirait aujourd’hui surtout d’intelligence émotionnelle : « Le seul fait de se mettre d’accord sur la façon de gérer les désaccords est essentiel à la survie conjugale » (1997 : 203). Et l’incapacité des couples à régler leurs différends proviendrait essentiellement d’une carence en intelligence émotionnelle. Gérer ses propres émotions, endiguer celles de l’autre, faire preuve d’empathie et d’écoute, penser positivement, sont autant d’attributs qui permettraient de mieux régler les différends.
– Dans le management d’équipe. L’intelligence émotionnelle serait directement liée à des compétences de leadership, comme savoir écouter, savoir motiver, savoir fédérer (médiation et gestion de la diversité), savoir orienter dans une direction claire, y compris dans les tempêtes (gérer ses émotions et celles des autres), savoir cultiver l’intelligence collective… Daniel Goleman y voit au moins trois applications plus précises : « L’aptitude à exprimer des griefs sous forme de critiques fécondes, la capacité de créer une atmosphère dans laquelle la diversité est un atout plutôt qu’une source de friction, et l’efficacité dans l’utilisation des réseaux » (1997 : 228).
L’auteur insiste à l’inverse sur l’impact négatif sur la santé d’une carence en intelligence émotionnelle : maladies psychosomatiques ; impacts d’un stress ou d’une anxiété disproportionnés ; dépression.
Au final, les émotions dominant la raison, leur régulation par l’intelligence émotionnelle serait essentielle. Développer son intelligence émotionnelle aurait ainsi de nombreux bénéfices, parmi lesquels des relations avec autrui plus sereines, des prises de décisions plus posées (subtil équilibre entre rationalité et émotions), une meilleure gestion de ses pensées négatives et finalement, une plus grande « réussite » – c’est-à-dire un plus grand bonheur – soutenue sur une solide résilience…
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